Accueil d’un stagiaire : obligations
Convention, gratification, durée maximale, tutorat : découvrez les obligations légales des entreprises pour l’accueil de stagiaire en 2026. Analys vous en dit plus.
L’accueil de stagiaire en entreprise ne s’improvise pas
Convention de stage, durée maximale, gratification, tutorat, conditions de travail et formalités administratives : les entreprises doivent respecter plusieurs obligations légales pour encadrer cette période de formation.
Les règles concernent aussi bien les grandes entreprises que les TPE et les PME. Voici les principales dispositions à connaître pour accueillir un stagiaire dans le respect de la réglementation en vigueur en 2026.
Qui peut être accueilli en stage dans une entreprise ?
Un stage étudiant permet à une personne inscrite dans un cursus scolaire ou universitaire de découvrir le monde professionnel, de mettre en pratique ses connaissances et d’acquérir de nouvelles compétences.
Le stage doit obligatoirement s’inscrire dans un projet pédagogique défini par l’établissement d’enseignement. Il ne peut pas être utilisé pour répondre à un simple besoin de main-d’œuvre.
Les missions confiées au stagiaire doivent donc être cohérentes avec sa formation et les objectifs précisés dans la convention de stage.
Les situations dans lesquelles un stage est interdit
L’entreprise ne peut pas recourir à un stagiaire pour :
– remplacer un salarié absent ou dont le contrat de travail est suspendu ;
– occuper un poste permanent correspondant à un emploi habituel de l’entreprise ;
– faire face à un accroissement temporaire d’activité ;
– occuper un emploi saisonnier ;
– effectuer des travaux dangereux pour sa santé ou sa sécurité.
Attention : si les conditions réelles d’accueil ne correspondent pas à un objectif pédagogique, le stage peut être requalifié en contrat de travail par le conseil de prud’hommes.
La convention de stage : une obligation incontournable
Avant le début du stage, l’entreprise doit s’assurer qu’une convention a été établie et signée par les parties concernées.
Cette convention formalise les engagements de l’entreprise, du stagiaire et de son établissement d’enseignement.
Elle précise notamment :
– l’intitulé de la formation suivie ;
– les compétences que le stagiaire doit acquérir ;
– les missions qui lui sont confiées ;
– les dates de début et de fin du stage ;
– la durée hebdomadaire de présence ;
– le nom de l’enseignant référent et celui du tuteur en entreprise ;
– les modalités de gratification, lorsqu’elle est obligatoire ;
– les conditions d’absence et de congés ;
– les avantages proposés, notamment les titres-restaurant et le remboursement des transports ;
– les règles applicables en matière de protection sociale et d’accidents du travail ;
– les modalités d’encadrement et de délivrance de l’attestation de stage.
Un avenant peut être nécessaire si les conditions du stage doivent être modifiées.
L’entreprise doit conserver les conventions de stage afin de pouvoir les présenter aux agents de contrôle compétents.
Quelle est la durée maximale d’un stage ?
La durée d’un stage étudiant est limitée à six mois par organisme d’accueil et par année d’enseignement.
Cette limite correspond à 924 heures de présence effective, sur la base de sept heures par jour et de 22 jours par mois.
Le calcul repose sur la présence effective du stagiaire dans l’entreprise.
Peut-on accueillir plusieurs stagiaires successivement sur le même poste ?
Oui, mais l’entreprise doit respecter un délai de carence entre deux stages successifs effectués sur un même poste.
Ce délai correspond au tiers de la durée du stage précédent.
Exemple : après un stage de trois mois, l’entreprise doit en principe attendre un mois avant d’accueillir un nouveau stagiaire sur le même poste.
Cette règle vise à empêcher le recours répété aux stagiaires pour occuper durablement un emploi.
Combien de stagiaires une entreprise peut-elle accueillir ?
Le nombre de stagiaires présents simultanément est plafonné en fonction de l’effectif de l’organisme d’accueil.
| Effectif de l’entreprise | Nombre maximal de stagiaires |
| Moins de 20 salariés | 3 stagiaires simultanément |
| 20 salariés ou plus | 15 % de l’effectif, arrondis à l’entier supérieur |
Par ailleurs, un même tuteur ne peut encadrer plus de trois stagiaires au cours d’une même période.
L’entreprise doit donc anticiper ses besoins d’accueil afin de respecter ces plafonds.
Gratification de stage : quel montant en 2026 ?
La gratification est obligatoire lorsque la durée du stage dépasse deux mois consécutifs ou, au cours d’une même année scolaire ou universitaire, deux mois consécutifs ou non.
Le seuil correspond à plus de 44 jours de présence sur une base de sept heures par jour, soit plus de 308 heures. Pour un stage discontinu, la gratification devient due à partir de la 309e heure.
Quel est le montant minimal obligatoire ?
Depuis le 1er janvier 2026, la gratification minimale est fixée à 4,50 € par heure de présence effective.
Ce montant correspond à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale. Une convention collective ou un accord applicable peut prévoir un montant supérieur.
La gratification doit être versée chaque mois, dès lors que le seuil légal est atteint. Son calcul peut être effectué en fonction des heures réellement réalisées ou faire l’objet d’un lissage sur la durée totale prévue du stage.
Exemple de calcul
Pour un stage à temps plein de trois mois, représentant 441 heures de présence effective :
441 heures × 4,50 € = 1 984,50 € de gratification minimale totale.
Le montant effectivement versé chaque mois dépend des heures réalisées ou des modalités de lissage retenues.
Quelles sont les conséquences sociales ?
Lorsque la gratification ne dépasse pas le minimum légal, elle bénéficie d’une exonération de cotisations sociales dans les limites prévues par la réglementation.
Si l’entreprise verse une gratification supérieure au minimum légal, la fraction excédentaire est en principe soumise aux cotisations et contributions sociales applicables.
Il convient donc de vérifier le traitement social de la gratification et les éventuelles incidences sur les formalités de paie.
Quelles sont les formalités administratives à effectuer ?
Le stagiaire n’est pas un salarié de l’entreprise. En conséquence, l’accueil d’un stagiaire étudiant dans le cadre d’une convention de stage ne nécessite pas de déclaration préalable à l’embauche (DPAE).
En revanche, l’entreprise doit respecter plusieurs formalités :
– inscrire le nom et le prénom du stagiaire dans une partie spécifique du registre unique du personnel, dans l’ordre d’arrivée ;
– tenir à jour la liste des conventions de stage ;
– organiser le suivi de la présence du stagiaire ;
– veiller à la couverture applicable en matière d’accidents du travail et de maladies professionnelles ;
– remettre une attestation de stage à la fin de la période d’accueil.
Le décompte des heures de présence est particulièrement important pour vérifier le respect de la durée maximale du stage et calculer la gratification due.
Quelles sont les obligations de l’entreprise concernant les conditions de travail ?
Même s’il n’a pas le statut de salarié, le stagiaire bénéficie de protections au sein de l’entreprise.
Respect des horaires et des temps de repos
Les règles applicables aux salariés concernant notamment les durées maximales de présence, les repos quotidiens et hebdomadaires, le travail de nuit et les jours fériés doivent être respectées.
L’entreprise doit également assurer le suivi des heures de présence.
Santé et sécurité
L’employeur doit veiller à la santé et à la sécurité du stagiaire pendant toute la durée de son accueil.
Les tâches confiées doivent être adaptées à son niveau de formation et ne pas l’exposer à des risques interdits ou insuffisamment maîtrisés.
Le stagiaire doit être informé des consignes de sécurité et des règles d’hygiène applicables dans l’établissement.
Lutte contre le harcèlement
Le stagiaire bénéficie des protections applicables en matière de lutte contre le harcèlement moral et le harcèlement sexuel.
L’entreprise doit veiller à ce que son environnement de travail soit respectueux et exempt de comportements abusifs.
Accès aux avantages collectifs
Le stagiaire bénéficie, dans les mêmes conditions que les salariés concernés, de l’accès au restaurant d’entreprise ou aux titres-restaurant, ainsi qu’aux activités sociales et culturelles proposées par le comité social et économique (CSE). Il bénéficie également de la prise en charge obligatoire des frais de transport public domicile-travail dans les conditions applicables aux salariés
Le tutorat : une obligation essentielle
L’entreprise doit désigner un tuteur chargé d’accompagner le stagiaire tout au long de son parcours.
Le tuteur assure notamment :
– l’accueil et l’intégration dans l’équipe ;
– la présentation des missions et des méthodes de travail ;
– le suivi des compétences acquises ;
– les échanges avec l’enseignant référent ;
– le respect des objectifs pédagogiques fixés dans la convention.
Le tutorat ne doit pas être considéré comme une simple formalité administrative. Il garantit que le stage constitue une véritable expérience de formation.
Congés et absences du stagiaire
Pour les stages de plus de deux mois, la convention doit prévoir la possibilité de congés et d’autorisations d’absence.
En revanche, la rémunération des congés ordinaires n’est pas obligatoirement maintenue : cela dépend notamment des dispositions applicables et des modalités prévues par la convention.
Des règles spécifiques existent pour les absences liées à la grossesse, à la paternité ou à l’adoption. Le stagiaire bénéficie alors des autorisations d’absence et congés prévus par les textes, sans que le maintien de la gratification soit systématiquement obligatoire.
L’entreprise doit donc vérifier les stipulations de la convention avant de traiter une demande d’absence.
Que doit faire l’entreprise à la fin du stage ?
À l’issue du stage, l’entreprise doit remettre au stagiaire une attestation indiquant notamment la durée effective totale du stage et, le cas échéant, le montant total de la gratification versée.
Elle peut également établir un bilan des compétences acquises afin d’aider le stagiaire dans la poursuite de sa formation. Si l’entreprise souhaite recruter le stagiaire à l’issue de cette période, elle devra alors formaliser la relation de travail par un contrat adapté. Certaines règles particulières peuvent s’appliquer, notamment concernant la prise en compte du stage dans la durée de la période
Quelles sanctions en cas de non-respect des obligations ?
Le non-respect de la réglementation peut entraîner des sanctions administratives.
L’amende peut atteindre 2 000 € par stagiaire concerné, et jusqu’à 4 000 € en cas de nouvelle infraction dans l’année suivant la première amende.
Des conséquences supplémentaires peuvent survenir si les conditions réelles d’accueil conduisent à une requalification du stage en contrat de travail.
L’entreprise a donc intérêt à sécuriser ses pratiques dès la préparation de la convention.
Conclusion : une bonne préparation pour sécuriser l’accueil d’un stagiaire
Accueillir un stagiaire constitue une opportunité pour transmettre des compétences et faire découvrir les métiers de l’entreprise. Mais cette démarche suppose de respecter un cadre juridique précis.
Avant toute arrivée, l’entreprise doit vérifier la convention, les objectifs pédagogiques, la durée du stage, les plafonds d’accueil, les conditions de gratification et la désignation du tuteur.
Une organisation rigoureuse permet de limiter les risques de sanctions et de garantir une expérience utile, formatrice et conforme aux obligations légales.













